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LA HARPE

une grande voyageuse

 

La plus sophistiquée, la harpe de concert, ou harpe à pédales, est une élégante d’environ 1m85, 37 kilos et 47 cordes, sur lesquelles les glissando scintillent comme des cascades de perles. Elle sait sublimer les sentiments les plus doux, comme dans l’adagietto de la 5e symphonie de Mahler, où elle tient pour la première fois une place prépondérante dans l’orchestre. Mais bien avant cette reconnaissance, et bien avant d’envoûter Mozart (concerto pour flûte et harpe de Mozart K 299) ou d’exceller entre les bras de Xavier de Maistre ou d’Emmanuel Ceysson, la harpe a beaucoup voyagé, pendant des millénaires.

De ses voyages, elle a aussi beaucoup appris, et s’est adaptée partout, jusqu’au Mexique et au Pérou.

Arrivée de sa lointaine Mésopotamie (Sumer, 3500 ans avant J.-C.), elle était entrée en Occident au début de l’ère chrétienne. D’Irlande, où elle a profité de nombreuses améliorations, elle s’est d’abord propagée dans le monde celte. La harpe celtique est restée très populaire. Petite, légère, moins chic et moins chère que la harpe de concert, elle fait le bonheur des folkeux  avec Alan Stivell, et de la world-pop-jazz avec le musicien suisse Andreas Vollenweider. Mais pas que: tous les styles la courtisent.

Instrument à cordes pincées, elle est donc cousine des guitares et des clavecins – tout comme le renversant «gaffophone» de Gaston Lagaffe, pour lequel le dessinateur de BD Franquin s’est inspiré d’une antique harpe africaine. Quant à la toute première harpe de l’humanité, elle n’avait probablement qu’une seule corde, tendue dans un arc. Primitif, mais déjà musical.