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LE BASSON

un beau son bas

 

 

Si on pouvait déplier cet instrument, il mesurerait 2m50: c’est le parcours que fait le souffle du bassoniste pour qu’on entende le chant profond et velouté du basson, bel et étrange parent longiligne de la famille des bois.


Ses ancêtres sont les bombardes. Taillées d’une seule pièce, elles étaient parfois si interminables (plus de 3 mètres!), que les Italiens, en 1602, ont eu l’idée d’en serrer deux plus courtes l’une contre l’autre en les reliant par un tuyau. A ces deux morceaux de bois accolés, ils ont donné le nom de «fagotto» (fagot).

Le basson, instrument à anche double, a beaucoup évolué au XIXe siècle, avec l’apparition de deux systèmes «concurrents»: le basson français, ardemment défendu par Maurice Allard (1923-2004), et le «Fagott» ou basson allemand, aujourd’hui le plus répandu, apprécié pour sa fiabilité, sa justesse et son mécanisme offrant des doigtés plus faciles.


Un poète anglais prêtait au basson «la voix d’un dieu marin». Mais comme cette voix couvre tout de même trois octaves et demi, elle peut être à la fois basse et ténor. Rarement soliste de l’orchestre jusqu’au 20e siècle, le basson avait pourtant l’admiration de grands compositeurs, dont Vivaldi qui lui a consacré 39 concertos. Aujourd’hui, le jeune bassoniste hollandais Bram Van Sambeek colore son répertoire (heavy metal, Led Zepplin, impros) avec une gourmandise frondeuse.